Reporters sans frontières (RSF) et L’Essor Savoyard affirment que plusieurs personnes liées à la mairie d’Annecy ont participé, début juin, à une opération visant à retirer de la circulation un numéro de l’hebdomadaire régional.
En cause : la publication d’un témoignage accusant de viol Anthony Granger, alors premier adjoint au maire. Depuis ces révélations, l’élu a été mis en retrait de ses fonctions par le maire d’Annecy, Antoine Armand.
Selon l’enquête menée conjointement par RSF et nos confrères, des centaines d’exemplaires du journal auraient été achetés en quelques heures dans les kiosques et grandes surfaces de la ville.
Des buralistes racontent avoir vu des clients acquérir plusieurs dizaines de journaux à la fois, parfois sous des prétextes jugés surprenants. L’un d’eux aurait expliqué acheter une quinzaine d’exemplaires "pour l’exposé de sa fille", tandis que d’autres se seraient présentés comme des salariés du journal pour récupérer des dizaines de numéros.
Habituellement diffusé à environ 2000 exemplaires, L’Essor Savoyard a enregistré ce jour-là une hausse de près de 50% de ses ventes.
La mairie dément toute consigne
En recoupant des témoignages et des images, RSF affirme avoir identifié plusieurs acheteurs ayant des liens avec la municipalité, dont une conseillère spéciale du maire annécien.
Sous couvert d’anonymat, un membre de la majorité municipale indique également à l’ONG que certains élus auraient été sollicités pour acheter des exemplaires, évoquant "un moment de panique".
La mairie d’Annecy conteste toutefois ces accusations. Contacté par RSF et L’Essor Savoyard, le maire Antoine Armand assure qu’"aucune consigne n’a été donnée et qu’aucune organisation n’a été mise en place" pour empêcher la diffusion du journal.